Patrimoine breton

Détour d'Art au Pays d'Auray

Le patrimoine en détour d'art

Commençons par l'épicentre : Auray

La ville :

Située à une quinzaine de kilomètres de la maison d'hôtes, Auray est une petite ville très appréciée par les gens d'ici. Elle est le point de convergence de toutes les petites communes environnantes. Elle est le centre névralgique du Pays d'Auray. Toujours animée avec son centre-ville aux jolies petites boutiques, ses rues piétonnes, ses édifices pimpants et fiers côtoyant les maisons à colombages, ses places historiques et

son marché du lundi !

Son histoire :

La ville d'Auray a été fondée en l'an 1069 par la réunion de la paroisse de Saint-Goustan (faisant partie à l'époque du territoire de Pluneret) et de la paroisse de Saint-Gildas (faisant partie elle du territoire de Brech).

Au 14ème siècle, Auray, ville ducale, est le témoin d'une grande et horrible bataille qui met fin à la guerre de succession de la Bretagne. Se combattent Charles de Blois et Jean IV de Monfort, ce dernier devient duc de Bretagne et fait construire l'église de la Chartreuse (commune de Brec'h) à la mémoire de ses soldats.

Puis c'est avec les chouans en 1795 et le débarquement des émigrés à Carnac que continue l'histoire sanglante où ceux-ci se feront tous massacrés au "Champ des martyrs".

Un petit mot sur Georges Cadoudal, célèbre chouan qui après de multiples tentatives de complot contre Napoléon se fera arrêté et guillotiné au tout début du 19ème siècle. Un mausolée à sa mémoire se trouve au village de Kerléano.

Autre lieu, la chapelle du Saint-Esprit, construite par Jean II duc de Bretagne. C'était une commanderie très importante consacrée aux pauvres et aux indigents. Vestige d'une ancienne prison, les condamnés la quittaient en empruntant un souterrain pour rejoindre les bateaux accostés au port de Saint-Goustan. Ils embarquaient pour les galères. On l'appelle "la caserne Duguesclin" encore parfois puisque occupée par l'armée jusqu'au début du 20ème siècle, est devenue aujourd'hui un lieu d'exposition d'artistes contemporains.

Le port de Saint-Goustan :

Le témoin d'une activité très très intense dans les siècles passés. 

Passez le pont et vous arriverez sur cette jolie petite place toute pavée, qui témoigne avec ces maisons cossues, d'un riche passé d'armateurs. Des maisons à pans de bois, des manoirs, des châteaux se dévoilent tout au long de ses quais et continuent sur la rivière de Crac'H. Déjà au 16ème siècle, l'activité commerciale, avec ses bateaux qui quittaient les quais chargés de céréales, de viande et de beurre, rayonnait sur toute notre région du sud-Morbihan et bien plus loin. 

Vous voici devant ce pittoresque pont de pierres en arc, qui date du 12ème siècle. Au sol, sur ces pavés, toujours là, dites vous bien, que comme vous, d'illustres personnages comme Benjamin Franklin venant d'Amérique en 1776, pour prendre la route de Paris, rencontrer le roi de France et négocier la 1ère alliance entre les 2 pays. Ou encore les ambassadeurs du roi de Siam ont passé sur ce petit pont pour rejoindre eux aussi la capitale en voiture à cheval jusqu'à Versailles.

Si vous êtes un peu courageux, laissez votre voiture en ville et prenez à pied soit les "rampes du Loc'h" soit la rue du château. Une chose est certaine ces 2 accès sont très pentus. La rue du château a été créée en 1560. Un peu plus large que la seule qui existait alors j'ai nommé la rue Philippe Vannier. Allez-y, vous verrez ! Celle-ci perpendiculaire est tout aussi à pic avec un virage pour finir : imaginez les diligences à chevaux surchargées de marchandises qui dévalaient cette petite rue étroite ! 

Cité d'art et d'histoire, de nos jours, tout au long de la rue du chateau, des ruelles et la place face au port de Saint-Goustan, les galeries de peintures, les échoppes de potiers et autres artistes jalonnent le quartier, là où d'autres jadis comme le peintre Mathurin Méheut y ont passé.

Saint-Goustan doit son nom au moine arrivé de la Cornouaille britannique en 974, il est représenté avec un poisson à la main. Abandonné par des pirates (Quiberon n'était qu'un repaire de pirates pendant de nombreux siècles) sur l'île de Houat. Il survécut en mangeant un gros poisson qu'il avait pêché. La légende dit que tous les jours, ce poisson se reconstituait complètement. Saint honoré également à l'île d'Hoëdic, il est le saint patron des marins et des pêcheurs.

"Détour d'Art" 

Basé à l'office de tourisme d'Auray, il organise des visites commentées très intéressantes concernant de nombreux sites et je vous invite à les suivre. Souvent liée au patrimoine religieux, les guides vous entraînent à la croisée des légendes et de l'histoire même de la Bretagne mais aussi de la France.

Non, ce n'est pas le côté mer que vous serez invité à découvrir. C'est l'occasion de prendre les petites routes de campagne, celles que jamais vous n'emprunteriez. Se dévoile à votre regard : ici une chapelle, là un monastère chartreux, ou le coeur d'un village au détour d'un chemin.

Vous pouvez choisir votre formule : ateliers, concerts, grand jeu de famille, visites guidées ou libres. A certaines heures, des bénévoles vous accueillent et vous expliquent la petite et la grande histoire de la plupart de ces lieux emprunts de spiritualité et de ferveurs populaires. 

Savez-vous qu'il y a 22 édifices religieux dans 10 communes du Pays d'Auray, dont Erdeven où se trouve le Clos du MènAllèn, vous pourrez découvrir ? 

La chapelle de la Trinité à Plumergat :

Plumergat est une des 1ère commune fondée en Bretagne et dont l'histoire remonte au 6ème siècle. La chapelle de la Trinité (en cours de restauration) qui date du 15ème siècle, elle est de style gothique flamboyant. Un statuaire de qualité et une tombe noble dite "enfeu" existent encore de nos jours. Le jubé qui séparait la nef du choeur à malheureusement disparu. Vous en saurez un peu plus grâce aux guides bénévoles qui vous entraînent dans une visite commentée chaque mercredi après-midi, jusqu'à la fin août.

Où se trouve Plumergat : A 1/2heure de la maison d'hôtes, dirigez-vous vers Auray, dépassez Sainte-Anne-D'Auray, puis direction Plumergat.

Continuons vers Mériadec, la chapelle Saint-Roch :

Située dans le bourg de cette jolie petite commune, au bord de ce qui fut une voie romaine menant les voyageurs de Vannes à Quimper.  C'est une chapelle dont la construction remonte au 15ème siècle. Saint Roch y est honoré. Il était invoqué contre la peste. En 1452, tout le Morbihan est infesté par ce fléau. Même la commune d'Erdeven le porte dans son histoire, puisque certains villages hébergeaient uniquement des lépreux. La légende dit qu'ayant lui-même contracté cette maladie, Saint Roch s'isola dans la forêt voisine pour ne pas contaminer les autres villageois. Après avoir été miraculeusement guéri, il part pour Rome et lors de son pèlerinage, il guérit, à son tour, les nombreux malades qu'ils cotoyent sur son passage.

La statue du saint est représentée avec un chien pour rappeler que c'est grâce à l'affection de l'animal, qui lui apportait tous les jours de la nourriture dérobée chez son maître, qu'il survécut. Dans la chapelle, il y a des représentations du saint sur des tableaux ou encore des statues.

Elle est ouverte à la visite -libre et gratuite- tous les mercredis après-midi.

Et à Pluneret, la chapelle Sainte-Avoye ?

Impossible de passer à côté et ne pas parler de ce magnifique édifice. Classée monument historique, la chapelle date du 16ème siècle. C'est un joyau de la Renaissance en Bretagne, avec l'un des derniers jubés polychrome, en chêne sculpté des 2 faces : un côté représentant les 12 apôtres et l'autre les qualités d'un croyant avec des représentations de saints. -l'autre jubé se trouvant dans une chapelle à Priziac-.

Cet ouvrage d'art qu'est le jubé, sépare le choeur de la nef, montrant ainsi la place des seigneurs et du clergé et celle réservée aux fidèles. Construite par les chatelains du château de Kerisper, à proximité du village, ce monument surprend par sa taille et son allure. Le clocher, détruit par la foudre en 1727, a été reconstruit mais bien moins haut que celui d'origine. Son emplacement n'est pas anodin puisque sa grande hauteur permettait de surveiller tout le trafic maritime de la rivière d'Auray.

Sainte-Avoye est invoquée pour les petits enfants ayant des difficultés à marcher et pour la famille en général. La légende raconte la présence d'une pierre curieuse que l'on appelle "le bateau de Sainte-Avoye" Parait-il qu'elle serait arrivée dans la vallée du "Sal" à bord de cette étonnante embarcation -peut-être une simple pierre de lest. Vous savez cette pierre un peu magique, qui est censée vous ralentir dans votre marche et si vous voulez vous en débarrassez c'est mission impossible !

En saison, visite libre et gratuite tous les après-midi ou guidée tous les mercredis après-midi.

Je vous ai donné ici un échantillon d'une autre facette de notre patrimoine que je manquerai pas de compléter tant mon pays recèle de lieux mythiques.

A bientôt,

Clotilde -votre hôtesse-