Patrimoine breton

Octobre en Bretagne : la récolte du "Blé Noir"

Une plante traditionnelle bretonne

Savez-vous que le blé noir ou sarrasin à été importé avec les croisades ? Originaire de Chine, présent dès le 12ème siècle en Bretagne, c'est la

duchesse Anne de Bretagne qui a permis le développement de cette plante annuelle. C'est une pseudo-céréale, comme les graines de chia, la célosie, la massette, elle appartient à la famille de l'oseille et de la rhubarbe (vous connaissez la rhubarbe avec ses grandes feuilles ? les tiges servent à faire des confitures, j'en ai un dans mon jardin à la maison d'hôtes). On l'appelle aussi blé de barbarie, froment noir ou carabin... Ses feuilles sont en forme de coeur, ses fleurs blanches ou rosées sont réunies en petits bouquets au bout de la tige.

Pendant 3 siècles, il a été l'aliment principal des bretons leur évitant ainsi la famine. Nos terres bretonnes conviennent bien à cette plante qui se plaît du climat rythmé par la pluie et le soleil et sa terre : l'or noir par opposition à l'or blanc qu'était le sel.

Puis avec la mécanisation de nos campagnes, elle est devenue peu "rentable". Un sol pauvre, un mûrissement long, une maturité incertaine, une fragilité de la plante face aux traitements (parce que auto-nettoyante vis-à-vis des "mauvaises herbes") et donc les fastidieuses interventions manuelles de désherbage pour une récolte trop précoce ou trop tardive... Tous ces éléments ont fait réduire comme peau de chagrin la culture du blé noir et ont eu raison d'elle...

De nos jours, ce qui était un inconvénient est devenu un avantage. Plusieurs agriculteurs refusant le système du rendement pour le remplacer par une agriculture raisonnée et naturelle, redécouvre cette polygonacée. On peut l'apercevoir dans quelques champs quand on se dirige vers le côté campagne du pays d'Auray, de l'autre côté de la route nationale 165, vers Laudaul, Pluvigner. Désormais, le blé noir est protégé géographiquement par une association du patrimoine breton.

Sur la commune d'Erdeven, la terre à tendance sablonneuse comme sur tout le littoral, n'est pas adaptée à la culture du sarrasin. Ma maison d'hôtes étant l'ancienne ferme où mes grands-parents et mes parents ont vécus, j'avoue n'en avoir jamais vu !

La farine que l'on extrait de la plante est un produit plus que naturel. A côté des crêpes de froment que je prépare parfois pour le petit-déjeuner de mes hôtes, il m'arrive parfois de proposer quelques crêpes de blé noir que l'on appelle aussi galettes de sarrasin. Pour les allergiques au gluten, le blé noir n'en a pas, c'est un aliment très nutritif, riche en protéines et antioxydants.

Comment préparer la pâte à galettes ou crêpes de sarrasin:

-N'hésitez pas à choisir une très bonne farine, naturellement bio, (les derniers minotiers restants en Bretagne y veillent),

-Rajoutez un peu de gros sel de mer,

-Diluer la farine avec un peu d'eau pour faire une pâte épaisse, 

-Il est préférable de la battre à la main plusieurs minutes (si vous le faites au batteur, il faut le faire à vitesse lente pour ne pas chauffer la pâte).

-Laissez reposer pendant au moins 2 à 3 heures.

-Avant de commencer à étaler la pâte sur la galettoire (bilig en breton), je la dilue encore un peu mais pas trop pour que ce soit facile à étaler (maintenant on trouve dans le commerce des petites galettoires électriques avec un revêtement anti-adhésif et si malgré tout, la crêpe de blé noir colle, je connais une astuce !

A Erdeven, il y a plusieurs crêperies où vous pourrez en déguster à votre gré :

A pied, en partant de votre chambre d'hôtes :
Les Ganivelles, ouvert toute l'année

La Galettière, ouvert en saison à partir de Pâques, aux vacances scolaires. 

Sur le marché le jeudi matin, ou chez vous :

La valse des crêpes

Dans la commune de Plouharnel :

La crêperie de la Presqu'île

Et vous serez d'accord avec moi : je crois bien qu'il n'existe pas en Bretagne une commune qui n'a pas sa crêperie.