Patrimoine breton

Le Moulin du Narbon : un des derniers moulins à vent en Bretagne

Le moulin du Narbon

Quand vous quittez Le Clos du Men-Allen pour aller vers la plage de Kerhilio, vous allez passer devant un moulin dit : "le moulin du Narbon". Il se dresse bien droit et pimpant dans le village. C'est le dernier des 3 moulins à vent de la

commune d'Erdeven, avec la particularité où seule la charpente de toit avec son mécanisme est orientable.

A l'origine, la charpente a été posée sur un rail métallique circulaire à 360° qui permettait au meunier d'orienter les ailes du moulin en fonction des vents venant de la mer toute proche. Au printemps, les voiles étaient installées sur les ailes, chacune de 14 mètres d'un seul tenant. Quand le vent était faible, l'aide d'un cheval de trait était nécessaire.

Les jours de grand vent, ce système éolien lui permettait de moudre, entre la meule de 3 mètres en pierres de champagne cerclées de fer, jusqu'à 150 kgs de farine. Imaginons une meule d'1,5 tonne en mouvement !

Le moulin a été construit avec des pierres provenant de Saint Pierre Quiberon (d'où était originaire le 1er meunier) et d'un autre lieu appelé : le pont du Sachs à Etel.

Il y a 3 niveaux dans le moulin :

- Le 1er niveau où le meunier y accédait par un escalier en pierres entre le rez-de-chaussée, où les sacs de grains étaient entreposés par les paysans et les boulangers des alentours.

- Le 2ème niveau où se trouvait la trémie pour diriger les grains vers la meule, puis une échelle (l'échelle de meunier : qui n'en connaît pas !)

- Le 3ème niveau où se faisait la mouture.

Actuellement, c'est toujours une propriété privée appartenant à la même famille depuis 1805. Grâce à la solidarité du village, il a été entièrement restauré après les dommages très importants qu'il a subi par la tempête de 1987. Le mécanisme a conservé son aspect d'origine mais la mécanisation du 20ème siècle a permis l'utilisation d'une motorisation thermique. 

Puis les changements de production ont fait que le meunier a abandonné cette méthode ancestrale.

Pour notre plus grande joie et pour perpétuer un tant soit peu la tradition, la famille propriétaire continue d'habiller, tous les ans au printemps et à l'automne, les grandes ailes du moulin bicentenaire avec les jolies toiles rouges.